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>> Politique Monétaire — N°8

Débrief de la semaine et prévisions. Focus sur les signaux de pause des banques centrales face à l'inflation persistante.

Contexte Géopolitique Une trêve a été annoncée ce mercredi 8 avril, entre les États-Unis et l'Iran, cette dernière a permis aux différents marchés de respirer en fin de semaine, et de pratiquement rattraper leurs pertes causées par cette guerre. L'incertitude est toujours présente sur l'ensemble des marchés, les négociations de ce week-end n'ont toujours pas conclu sur un accord malheureusement.

Forex

US (Dollar Américain)

Comme nous le savons, la conjoncture macroéconomique fut assez mouvementée depuis plusieurs semaines, mais les choses semblent se calmer de prime abord. Pour rester bref, pour l’instant, le dimanche 12 avril 2026, aucun accord entre l’Iran et les USA n’a été trouvé, après ce qui semble une négociation interminable de plus de 21h. Dans ce cadre-là, nous aurions tendance à dire que l’incertitude sera de mise demain à l’ouverture si aucun accord n’est trouvé.

Pour ce qui est de la data brute de cette semaine, nous avons pu constater une accélération de l’inflation annuelle atteignant les 3,6 %… En ce sens, une hausse des taux prématurée pourrait voir le jour du côté de la FED même si ce n’était pas vraiment pricé avant plusieurs mois, cette inflation est à surveiller de près, du côté de l’emploi, les données n’ont pas été si polarisées que ça, avec une stabilisation des demandes d’indemnités chômage à 215 K contre 212 K précédemment.

Graphique Macro : Inflation vs Real Activity
Fig 1.1 - US Macro: Inflation vs Real Activity (Source: FRED / Horacle Capital)

In fine, pour ce qui est du billet vert en lui-même, cette annonce de trêve a eu un effet assez dépréciateur sur le dollar, qui rappelons-le avait surperformé depuis la guerre en Iran, forçant ainsi les entreprises américaines à renforcer leur hedge, car le dollar commençait à coûter trop cher (pour le dire plus simplement).

Notre vision : dans la mesure où un accord serait trouvé, le dollar pourrait continuer sa dépréciation, attention tout de même aux données des prochaines semaines, nous surveillons toujours l’inflation de l’emploi de près, mais aussi la croissance, un ralentissement pourrait causer de plus gros dégâts dans un contexte tendu.

EUR (Euro)

Parlons maintenant de la zone euro… Cette semaine, comme nous le savons, la Banque centrale européenne a parlé. Rien de bien extravagant, aucune baisse de taux, avec un taux principal maintenu à 2,15 %. Cependant, Christine Lagarde, la présidente de la BCE, dans son discours du 9 avril, a déclaré qu’il était “prématuré” d’envisager une baisse des taux en juin, citant la persistance des pressions sur les services et l’incertitude énergétique.

Car en effet, comme nous le savons, le secteur énergétique, qui a été fortement impacté par la guerre (toujours pas finie), va mettre du temps à s’en remettre, pouvant causer une inflation incontrôlée sur les prochains mois, et donc forçant la BCE à augmenter les taux directeurs… Pour rappel : augmentation des taux directeurs pour contrer une inflation causée par un choc exogène et non pas une croissance interne à la zone monétaire, peut être un énorme danger pour cette dernière…

L’EUR/USD lui, a rebondi de 1,0750 vers 1,0860 à la suite de l’annonce de la trêve avant de se stabiliser. Pour l’instant, la continuation de cette tendance acheteuse euro/vendeuse dollar semble floue étant donné l’incertitude qui règne sur les marchés.

JPY (Yen Japonais)

Dans le cadre d’un YEN relativement faible, le Japon, et plus précisément, le ministre des Finances, Shunichi Suzuki, a encore soumis l’idée que toutes les alternatives étaient sur la table afin de contrer la faiblesse de sa monnaie. En effet, comme nous en avions parlé dans un précédent rapport, la faiblesse du yen pourrait pousser les institutions japonaises à augmenter les taux, et donc attirer plus de capitaux, par la pérennité de leur économie et l’attractivité de leur taux… au dépend donc du dollar.

Le cross USD/JPY oscille dans une zone de compression entre 151,50 et 152,00, malgré la détente des rendements obligataires mondiaux.

G10 & EM

Equities

Reprise de souffle général sur l’ensemble du marché actions, rien de bien fou… juste une annonce de trêve, et une pression des investisseurs encore très grande. Sur le marché actions, pour l’instant rien à dire, mise à part de toujours faire attention et de bien vous hedger sur des valeurs peu volatiles.

Commodités

Oil : Le prix du baril est passé de 102 $ à 91 $ immédiatement après l’annonce de la trêve, avant de remonter vers 93 $ en raison du maintien de la fermeture d’Ormuz. Rien de bien fantastique sur notre or noir…

L

Léo Lombardini

Analyste macro & fondateur d'Horacle Capital. Spécialiste des marchés financiers, des banques centrales et de la finance quantitative.

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